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Mercredi 22 février 2006
Je n’aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour : j’ai monté à cheval avec John Whitaker. Plus précisément, John Whitaker m’a aidé, il m’a guidé lors de l’épreuve réservée aux cavaliers handicapés au Jumping de Bordeaux (3 au 5 Février). Récit intégral de l’événement, première partie : Michel Robert m’avait annoncé son absence au CSIW de Bordeaux fin Décembre. Autrement dit, il fallait trouver un autre guide. Pour dire la vérité, j’ai très rapidement pensé à John Whitaker. Il est mon idole depuis des années, c’était une occasion inespérée d’accomplir un rêve un peu fou. Mais cela me paraissait totalement impossible : d’abord, il fallait oser le lui demander ; ensuite, il fallait qu’il accepte ; enfin, il fallait que l’on arrive à se comprendre à cheval. Donc, demander à John whitaker, la légende vivante, « excusez-moi, je sais que vous ne l’avez jamais fait, mais vous ne voudriez pas me guider à Bordeaux ? cela me ferait très plaisir et cela m’aiderait beaucoup. » Complètement surréaliste. Heureusement, j’avais eu la chance de discuter avec John au CSIW de Genève. C’est quelqu’un réellement accessible. Bon vivant, il ne se prend absolument pas du tout la tête. Et puis, c’est un « showman ». Il répond toujours présent aux propositions équestres les plus originales : chasse sans selle, course de mulet… et il s’y amuse sincèrement. Du coup, je me suis dit qu’après tout, le fait de lui poser la question ne paraîtrait pas si incongru. Des amis qui le connaissaient bien lui en ont d’abord parlé. Un midi, j’ai reçu un message : « John est ok pour te guider si il vient à Bordeaux. » Petit cri de joie, émotion incontrôlable, les camarades de promo avec qui j’étais dans la boulangerie en train d’acheter un sandwich ont bien compris qu’il se passait quelque chose de dingue. Puis, j’ai croisé les doigts jusqu’à la parution officielle de la liste des engagés au CSIW. De retour de soirée vers 2 h du matin, je consulte le site du jumping. La liste devrait sortir ce jour, avec un peu de chance elle sera déjà en ligne. Et c’est le cas, dans la case Angleterre, je lis : John Whitaker. Banco ! Mais ça, c’était avant le drame : il fallait à présent appeler John au téléphone pour régler l’organisation. Franchement je parle mal anglais, dans la promo, je suis même dans le groupe des mauvais. Pour ne rien arranger, John est loin d’être bavard, et se paye un accent redoutable. On est donc allé à l’essentiel : « bonjour, je suis la cavalière aveugle française » « ah, oui bonjour ça va ? » -oui, c’est vrai que vous voulez bien me guider à Bordeaux ? » -oui pas de problem » -merci beaucoup ! « -« pas de problèmes ! » -notre finale est samedi à 18 h, mais avant il y a une épreuve le vendredi matin à 11,30 h, ça serait bien qu’on la fasse ensemble pour prendre nos repères…seriez-vous d’accord ? » -Oui biensûr » -« par contre, il paraît que vous arrivez à l’aéroport à 10,15 h, vous croyez que ça va être ok pour l’horaire ? » Et là trou noir : « bla-bla-bla (rien compris) should be there, yes it’s ok. » -ok super merci » -ok bye ! » Concrètement : gros coup de flipp jusqu’au dernier moment. Viendra ou viendra pas ? et si son avion a du retard, et si il veut passer à son hôtel faire je ne sais quoi ? Côté chevaux, j’ai pu avoir le poney pi que j’ai déjà monté les autres années. Je commence à bien le connaître, il est extrêmement gentil et à l’écoute, il n’y a a priori rien à craindre de ce côté là. Vendredi matin 11,15 h : notre épreuve aura un quart d’heure de retard. Tant mieux, cela laissera à john le temps d’arriver. Mais il est déjà là , on l’aperçoit au secrétariat. Quelques minutes plus tard, il me rejoint pour faire la reconnaissance du parcours. « bon c’est le 1, après on va à droite, c’est le deux, ici c’est le 3… » indications minimales mais claires ; on marche le parcours en suivant les futures traces de nos chevaux… Le temps d’aller chercher sa veste de concours, et John Whitaker sera donc de nouveau à côté de moi. Il va me permettre d’effectuer un parcours d’obstacles. C’est énorme ! J’ai intérêt à assurer ! Même si on a jamais travaillé ensemble, je suis sûre qu’on peut tourner au sans fautes…
Par Laetitia Bernard - Publié dans : équitation
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Mercredi 25 janvier 2006
Dans le microcosme des cavaliers internationaux de sauts d’obstacles, la famille Whitaker aligne quatre de ses membres dans le top 50 mondial. Michael est le petit frère de John, une légende. Le petit frère, à pourtant 45 ans passés, a déjà été plusieurs fois numéro un mondial, et n’est quasiment jamais sorti du top 20 mondial en plus de 20 ans. Bien que toujours associé à son frère, Michael est un exemple de talent, de persévérance, et sa personnalité détonne.

« C’est un prince », murmure admirative Muriel, une monitrice d’équitation, en regardant son idole effectuer un parcours de sauts. Michael Whitaker n’a pourtant pas exactement le style d’un prince charmant. Physiquement d’abord. Il est petit, à moitié chauve, portant un jean simple et un pull lorsqu’il n’arbore pas la traditionnelle tenue de concours (pantalon blanc, bottes, chemise et veste.) Cela dit, on peut lui accorder plus de classe que certains autres cavaliers, car il prend le temps de se changer après ses épreuves, avant de rejoindre son endroit favori : le bar. En général, son frère John l’y attend déjà un verre de vin rouge à la main. Mais Michael préfère la bière, il fut un temps où il l’appréciait même un peu trop d’ailleurs: « Fallait voir, il rentrait complètement allumé, démolissait la porte de la chambre d’hôtel… » raconte un cavalier de l’équipe de France. « Il a le vin mauvais, c’est connu, encore qu’il a pas mal diminué ces derniers temps », admet une journaliste d’Equidia (la chaîne du cheval).

Le cavalier métamorphosé par la paternité

Effectivement, il a dû ralentir l’alcool, car à côtoyer Michael aujourd’hui, difficile d’imaginer un personnage effrayant. Au contraire, il est l’un des seuls cavaliers internationaux à rester simple, tout en étant conscient de l’enjeu des concours. Là où les allemands –détenteurs du plus grand nombre de places au top niveau- ne discutent pas, et quittent rapidement les terrains de concours, Michael Whitaker prend du temps pour se détendre, souriant, amusant et débordant d’affection.

Une affection toute tournée vers sa famille, et ses trois enfants en bas âge. « C’est l’anniversaire de mon petit garçon aujourd’hui, et je ne suis même pas là », avoue-t-il tristement. La paternité l’a fait mûrir. « J’ai vendu un très bon cheval, cela ne m’a pas amusé, bien sûr, c’était seulement pour l’argent. Il faut que je prenne soin de ma famille. » Lucide, il entrevoit le poids d’une vie de cavalier international, ne restant à la maison que deux ou trois jours par semaine, à la merci des sponsors et de l’état de santé des chevaux… Ses écuries sont basées en Angleterre, près de Nottingham. Elles comptent près de 30 chevaux dont certains appartiennent aux trois jeunes cavaliers qui travaillent pour Michael. Il a embauché le fils d’un de ses anciens collègues de l’équipe britannique. Il l’aide à dresser les chevaux et en échange bénéficie des cours du champion, afin de gagner à son tour le top niveau. « J’aime bien enseigner en général, mais je n’ai vraiment pas beaucoup le temps c’est selon les circonstances. » précise le Grand Cavalier.

La famille d’abord

Michael Whitaker est sincère en amitié et complètement solidaire envers sa famille. Son frère John est pour ainsi dire son meilleur ami, mais le bonheur est complet lorsque Steven, le troisième Frère les rejoint. Aucune concurrence n’est perceptible au sein de la famille, même au sujet d’Ellen Whitaker, la fille de Steven, âgée de 19 ans et qui s’est déjà qualifiée pour le championnat d’Europe de sauts d’obstacles en 2005. Michael en parle avec son humour habituel et beaucoup de tendresse : « Ellen, c’est la nièce de John, ma nièce, notre nièce quoi, oui elle se débrouille très bien. » Il suffit d’évoquer quelques bons souvenirs équestres auprès de sa famille pour que le naturel joyeux de Michael Whitaker revienne au galop. Terminé les doutes existentiels sur la cruauté du métier, après tout c’est plus qu’un choix, c’est une passion.

Qualifié pour le grand Prix du dimanche, Michael savoure sa joie la veille du grand jour. « Je veux un bisou pour m’encourager ! » : voilà le résumé de ses propos lors des soirées hippiques et épiques qu’il ne rate jamais. Appuyé au bar, il rigole avec son frère, accoudé en face de lui. Autour d’eux, les plaisanteries fusent : « comment on va faire pour les ramener à l’hôtel ? Il faudrait enlever le bar très vite pour qu’ils tombent tête contre tête et puissent se tenir l’un à l’autre », lance un organisateur du concours de Genève. Un tel stratagème est inutile.

Un cavalier qui garde le cap

Michael sait ce qu’il fait, sa détermination transpire à travers lui à chaque instant. Il suffit d’entendre cette façon étrange qu’il a de respirer. Chacune de ses expirations se fait par le nez. Régulières et rapides, il s’en dégage une énergie redoutable. Ce même flux est perceptible lorsqu’on lui tient la main. Celle-ci reçoit une sorte de câble énergétique courant le long de son bras. Les légères vibrations sont si denses, qu’elles permettent de déterminer avec certitude la marque de sa volonté. Gageons que cela lui sert à cheval. Impossible d’hésiter sur l’action à mener. Et d’ailleurs, ses parcours en sont la preuve : il est l’un des plus rapide cavaliers au monde, les chevaux sont toujours dans le mouvement, en avant, à l’image de leur cavalier en somme.

C’est un prince…de l’équitation qui n’a rien à envier aux autres membres de sa famille. « Je l’ai vu arriver en retard à un concours, il n’a pas eu le temps de reconnaître l’enchaînement des obstacles avec les autres, et il a gagné quand même ! » raconte le directeur commercial d’une sellerie.

Prince Michael contre Roi John ? Non. Ils se complètent et laissent libre court à leur « feeling ». Michael garde le cap, avec en ligne de mire les jeux mondiaux d’Aix-La-Chapelle en août 2006. Si il se retrouve dans l’équipe britannique avec son frère, « ça serait vraiment mieux. »

Par Laetitia Bernard - Publié dans : équitation
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Jeudi 12 janvier 2006
Depuis le premier janvier, le PAM (service de transport à bas prix pour les personnes à mobilité réduite) ne travaille plus avec des taxis banalisés. Autrement dit, une sérieuse réduction dans les effectifs des véhicules. Résultat : il est quasiment impossible de réserver un transport ce week-end, tout est déjà saturé.
Par Laetitia Bernard - Publié dans : handicap
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Jeudi 12 janvier 2006

Vous trouverez ici:

des infos sur l'équitation: concours valides, concours pour cavaliers handicapés...

des débats sur le handicap: récit d'expériences, commentaires sur l'aspect concret de la législation...

et encore:

des discussions sur l'Union Européenne et l'actualité,

et enfin  des recettes de gâteaux

Par Laetitia Bernard - Publié dans : La vie du blog
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Jeudi 12 janvier 2006

Nom : bernard

prénom : Laetitia

activités : étudiante journaliste, cavalière

adresse : Paris

date de naissance : 09 04 1983

signe particulier : non-voyante

hobbies : musique: chant piano, sport : équitation natation course à pied, fêtes, lecture, voyages

musique préférée : classique, mais ouverte à tout

musicien préféré : Mozart

livre favori : Jacques le Fataliste de Denis Diderot

 

Déssert préféré : les brownies ou gâteaux au chocolat en tout genre, éventuellement les tartes au fraises

Par Laetitia Bernard - Publié dans : La vie du blog
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